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El Roccoco

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Odalisque Blonde François Boucher

Avant de parler de l’oeuvre, je vais faire un petit bilan du cours et de mes recherches sur le style Rocailles pour tout remettre dans le contexte.

Le Roccoco est un genre apparu sous Louis XV, au XVIIeme siècle; il est visible à travers la peinture, le mobilier, l’architecture et particulièrement dans des ensembles complets de décorations intérieures conçus par des ornemanistes. Les pièces décorées de cette manière (c’est à dire TRES ornementées) invitent plus à la détente et aux futilités de la Cour qu’à la solennité. Le style, quelque soit le domaine, se traduit par des éléments fournis et colorés.

Louis XV donc, ou le « Bien-aimé », est particulièrement sensible à tout ça et choisit comme premier peintre François Boucher, le plus représentatif en France du style Roccoco. Celui-ci réalisera plusieurs portraits du roi ainsi que la décoration de nombreuses demeures pour sa maîtresse (celle du roi), la Marquise de Pompadour.

En ce qui concerne François Boucher, il utilise dans sa peinture des tons chauds, des coloris brillants, des lignes plutôt courbes et une profusion d’accessoires pittoresques. Il puise énormément dans l’univers poétique de la mythologie d’Ovide. Ce que l’on retient de ses tableaux est le caractère luxueux et joyeux. Il traduit à travers son art l’esprit de l’époque (en tout cas celui du roi et de l’aristocratie), qui est d’écarter la gravité et de promouvoir la frivolité. Il est le représentant de ce bonheur de vivre. Pourtant, Boucher est aussi énormément critiqué, particulièrement par Diderot qui juge son oeuvre sévèrement, considérant qu’il s’attache à séduire les acheteurs par les couleurs, les formes et le luxe apparent, au lieu de chercher la profondeur et la psychologie dans ses tableaux. En fait ses oeuvres sont vues d’un côté comme décadentes, libertines, faciles et débauchées par les critiques, et de l’autre raffinées, soignées et fantaisistes par ses admirateurs. Quoi qu’il en soit, François Boucher peint de nombreuses toiles dans ce style Roccoco, et surtout beaucoup de nus féminins, qu’il met en valeur en s’inspirant de la mythologie. C’est de cette manière qu’il montre les femmes de son époque, libérant leur représentation classique.

On peut maintenant en venir à l’oeuvre: Odalisque Blonde. Il s’agit d’une peinture à l’huile datant de 1751, et exposée à Cologne dans le musée de Wallraf-Richartz. Elle n’est pas très grande (59 x 73cm) comme la plupart de ses tableaux il me semble, ce qui est étrange d’ailleurs car j’aurai pensé à des oeuvres monumentales étant donné la précision des détails et le thème en général plutôt porté sur le divin. On y voit une jeune femme nue allongée sur un divan, sur le ventre, les jambes écartées, regardant quelque chose face à elle.

Il s’agit de Marie-Louise de Boisfaily, appelée aussi Mademoiselle de Morphyse, devenue maîtresse de Louis XV à l’âge de 14 ans par le biais de la Marquise de Pompadour. Sur le tableau, elle a cet âge là, ce qui le rend particulièrement provoquant, et crée le début d’une réputation « d’artiste vulgaire » à François Boucher.

Pour en revenir à l’analyse de l’oeuvre, tout ce qui y est représenté est doré (la jeune fille, le sol, les murs, le mobilier, les draps, tout), et on y retrouve les thèmes principaux du peintre: le luxe, la beauté, la nymphe, la sensualité. La lumière laisse penser qu’une porte est ouverte face à elle, et que c’est peut-être cela qu’elle regarde. Ce qui est étonnant et qui me fait penser au Verrou de Fragonard, c’est qu’on ne sait pas réellement ce que l’on voit dans la scène. D’un côté la position est relativement suggestive, les formes sont sensuelles, que ce soit dans les courbes du corps que dans les plis des draps et de l’oreillers; on pourrait penser à une invitation. D’un autre côté, la jeune fille n’a pas non plus l’air complètement à l’aise, son visage regarderait presque le vide, et la position de sa main gauche suggère l’innocence et l’incertitude. On pourrait imaginer qu’elle vient de s’offrir pour la première fois par exemple. Ce qui choque finalement c’est l’aspect intimiste du tableau, mais bon il n’était à la base adressé qu’à une seule personne, son amant. En ce qui concerne le titre, Odalisque Blonde, il ne fait que décrire de manière la plus neutre et minimaliste possible le tableau. Deux ans plus tôt, François Boucher avait peint Odalisque Brune, tableau beaucoup plus provoquant quand à la position du nu, avec sa femme pour modèle.

Le Repas chez Levi

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Le Repas chez Levi est une peinture à l'huile de Paolo Caliari (Véronèse) qui date de 1573. Elle fut commandée par les dominicains pour remplacer La Cène du Titien détruite en 1571 dans un incendie (Eglise Santi Giovanni e Paolo) en Italie.



La toile est gigantesque: 13m de long. On y voit le Christ entouré de personnages assez étranges pour une peinture religieuse; en fait aucun d'eux n'est mentionné dans les Evangiles. Le tableau ne représente pas du tout la scène que décrit la Bible, ni le lieu qui passe d'une auberge en Palestine à une riche architecture.

Véronèse s'appoprie donc complêtement le sujet et le traite de manière très personnelle. Il est alors convoqué au tribunal pour s'expliquer: Pourquoi autour de Jésus se trouve des buveurs, des nains, des noirs, des animaux ?

"S'il reste de l'espace dans le tableau je l'orne d'autant de figues que l'on me demande et selon mon imagination".

Après discussions, le peintre italien change uniquement le titre: La Cène devient Le Repas chez Levi. Le sujet change donc aussi puisqu'il peint un épisode de l'Evangile selon saint Luc, représentant simplement un festin chez Saint Matthieu.

Là où Véronèse a eu de la chance, c'est qu'il s'agit d'une commande de dominicains (l'Ordre des Prêcheurs, ordre religieux catholique romain fondé en 1214) et qu'il s'agit d'un ordre qui n'utilise pas la force mais qui prône la connaissance et par ailleurs le dialogue, la discussion.

En ce qui concerne la date de création du tableau, elle correspond aux premières guerres de religion entre catholiques et protestants, lancées par Charles IX qui, après le mariage de sa soeur avec un protestant, décide gracieusement de tous les tuer.

Cette toile est particulière dans sa mise en scène: l'architecture, les arcades, font penser à un décor de théâtre, et tous les personnages par leurs habits et leur gestuelle paraissent être des acteurs, y compris Jesus au centre. L'ensemble est en fait bien ironique et presque absurde. Tous paraissent indifférents au dernier repas du Christ, avec en prime un chien au premier plan.

Finalement ce qui est plaisant dans cette controverse, c'est qu'entre le tableau et la défense de Véronèse devant le tribunal de l'Inquisition, tout n'est qu'une bonne blague du peintre qui joue la sottise, l'ignorance et la naïveté afin de pouvoir librement s'exprimer. Et il y arrive face à la religion, à une période pas du tout favorable.

Vol d'oiseau

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Ce qui m'a marqué durant le dernier cours d'histoire de l'art, c'est l'image du Zeppelin écrasé sur le sol New Yorkais. Le dirigeable paraît être une invention utopique, en ce qui concerne notre génération, on ne l'a jamais vu ! Et pourtant on en a entendu parlé, que ce soit dans les reportages, les films, les livres... Pour l'Histoire, le dirigeable appartient à la catégorie des « ballons » qui comprend notamment les ballons à gaz et les montgolfières, mais se distingue car il peut être manoeuvré et ne subit pas entièrement le vent. L'appareil est motorisé, et c'est donc l'homme qui dirige la machine. Le projet du ballon dirigeable est d'abord pensé en 1783, et le Zeppelin, dirigeable rigide, apparaît en 1900. Là où il m'intéresse, c'est pour sa fonction d'arme de guerre, au même titre que le char, le sous-marin ou l'avion, son invention s'est développé et a été mis au service de l'armée. Tout ça pour donner naissance à des « guerres propres ». La guerre a finalement été un point majeur dans l'histoire de l'invention humaine, où l'homme poussé par l'urgence s'est dépassé pour créer des appareils, développés aussi avec l'industrie et la production de masse. Elle a alors pris un autres tournant, ne laissant plus les hommes dans un combats de corps à corps, mais dans un combat de machines.

Pour en revenir aux inventions aériennes, l'homme dans sa recherche perpétuelle d'évolution, s'est penché sur l'idée d'une nouvelle voie de déplacement et de communication à travers les airs. Une nouvelle dimension s'offrait à lui. Les inventeurs cherchaient au début à reproduire le mouvement de l'oiseau avec les planeurs et les ailes, comme les « machines volantes » de Léonard de Vinci.

Toutes ces premières recherches sont basées sur un mythe grec, celui d'Icare et Dédale, révélant que le désir de voler existe depuis bien longtemps. L'histoire raconte que Dédale, architecte du Labyrinthe pour le Minotaure en Crète, tentait d'échapper au roi Minos qui l'accusait d'avoir aidé les Athéniens à en sortir. Celui-ci l'ayant enfermé dans le labyrinthe avec son fils Icare, il fabriqua deux paires d'ailes qu'il fixa à leurs épaules avec de la cire. Icare n'écoutant pas son père s'éleva trop haut et trop près du soleil. La cire se mit à fondre et ses ailes se détachèrent, le laissant tomber dans la mer qui se referma sur lui. Cette histoire a été interprétée de nombreuses manières, marquant l'imprudence, la désobéissance et l'orgueil de l'homme, mais aussi son courage et sa force. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est toujours ce même propos qui est le besoin d’innovation chez l'humain, d'être dans la recherche en permanence en se basant sur ce qui l'entoure, notamment les animaux. Comme s'il cherchait à changer sa condition de simple être humain, d'être capable d'arriver à tous les états dont celui de se transformer.